De quel terroir vient le Tervueren ? Un contexte historique rural
Pour comprendre le Tervueren – variété de berger belge au poil long fauve charbonné —, il faut retourner à la Belgique rurale de la fin du XIXe siècle. Ce chien, à la fois rustique et élégant, doit son nom au village de Tervuren, près de Bruxelles.
Le pays des bergers belges : une Belgique laborieuse et adaptée
À la fin du XIXe siècle, la Belgique est un pays de bocages, de pâtures, d’élevages modestes. Le berger y doit être multitâche : protection contre les voleurs de bétail, conduite de troupeaux sur routes et prairies, surveillance des étables. On estime qu’en 1891, plus de 70% des chiens “utiles” signalés dans les campagnes de Louvain, Malines, Bruxelles sont des types « bergers belges » (source :
C. Mégnin, Le Chien, 1896).
Contrairement à une idée reçue, il n’y avait pas “une race” unique, mais une mosaïque de chiens de travail, sélectionnés, croisés, rustiques, au service du quotidien paysan ; leur couleur importait autant que leur efficacité.
Création, sélection et reconnaissance officielle
En 1892, l’École Vétérinaire de Cureghem codifie l’ensemble “berger belge”, reconnaissant plusieurs variétés (couleurs, textures de poil). En 1899, le croisement du mâle Tom (poil long fauve charbonné) et de la femelle Miss crée la souche qui donnera naissance au “Tervueren”. M. M. Corbeel, un passionné vivant à Tervuren, s’emploie à stabiliser le type poil long fauve, aujourd’hui nommé Tervueren.
À retenir :
- Le Tervueren naît de la sélection sur efficacité rurale, pas purement sur l’apparence.
- Le standard moderne date seulement de 1901 (Berger-Belge.fr).
- La diversité demeure la règle : rusticité, sens du troupeau, intelligence vive.
Erreur fréquente : Confondre “Tervueren” avec simple “berger fauve”. Le Tervueren se distingue aussi par sa structure, son port, sa fonction d’abord pastorale, puis de chien polyvalent modernisé.